Philippines

Migrer vers Badian, le toit de Cebu

Le chapitre de Siquijor, je pensais l’avoir clôturé. Loin s’en faut ! La vie peut être délicieusement imprévisible. Alors que nous étions déjà conquis (ou devrais-je dire ensorcelés), nous ne cessons de nous émerveiller, au hasard de nos errances. Installée derrière moi sur le scooter, Mia n’interrompt ses vocalises que pour s’écrier : « Maman, regarde, c’est magnifique ici ! »

Lorsque nous quittons (pour de bon) Greg et sa maman Françoise, c’est le cœur lourd. Dire au revoir me rend mélancolique. Il semblerait que je ne sois pas la seule. Yann m’explique en partant qu’il ressent un peu la même chose que quand on a quitté la maison, au mois d’août. L’attachement n’est-il pas, au fond, le plus beau risque à prendre? Françoise a l’intention de quitter la France et de venir s’installer auprès de son fils pour ce qu’elle appelle la dernière phase de sa vie. J’espère la revoir un jour, pour échanger autour d’un jus de calamansi (petit agrume au goût subtil) et me nourrir de discussions passionnées qui traversent les générations. Ben se découvre également des atomes crochus avec Greg, calme et solitaire. Autant de prétextes pour revenir ! Quelques photos en bonus… Pour le plaisir des yeux, et la pérennité des souvenirs.

À Badian, notre hôtel, perché sur une colline, nous offre une vue imprenable sur la montagne et sa crête dentelée. Une multitude de reliefs rocheux et verdoyants, qui créent la particularité du paysage. Nous ne résistons pas à l’envie d’aller voir ça de plus près, en prenant la direction de l’Osmeña Peak, pour une belle grimpette à moto. C’est incroyable, là-haut. Dans les vallées entre les pics, qui paraissent parfois inaccessibles, on observe des cultures de choux. Nous nous trouvons en effet au cœur de la capitale des légumes de Cebu, la fraîcheur de cette altitude étant favorable pour le maraîchage.

Le sentier caillouteux est bordé de fleurs sauvages. Pratiquement au sommet, une famille attendrissante vend des fraises (sauvages, elles aussi). Ils auraient pu vendre n’importe quoi, j’en aurais pris. Sans compter que cela permet de faire oublier aux enfants les derniers mètres à gravir. Il ne faut pas plus de temps à Mia pour engloutir le sachet. C’est d’ailleurs elle qui se donne pour mission de nous traîner quotidiennement aux petites échoppes afin de remplir le frigo de fruits succulents. Ananas, mangue, pastèque… Sans oublier, sur la première place du podium, ce curieux fruit pourpre aux saveurs acidulées : le mangoustan. Elle s’en gave à longueur de journée, répondant avec aplomb à mes regards appuyés, du jus dégoulinant sur le menton, que les fruits, c’est à volonté. La redescente est moins glorieuse que l’ascension. En me retournant pour faire une remarque à Yann qui quémandait une cinquième casquette, je glisse et m’écrase sur les fesses, avec une grâce infinie. Nullement orgueilleuse, je fais endosser à mon fils l’entière responsabilité de cet incident. Je dédie ce passage à une amie et lectrice fidèle, qui affectionne particulièrement les chutes. J’entends d’ici ton rire cristallin 🤍

Quelle que soit la région, l’hospitalité philippine est permanente, révélée par des sourires accueillants. Quand la nuit tombe, la rue prend vie, ainsi que des karaokés criards. Les enfants nous questionnent, pour savoir d’où on vient, avant de nous souhaiter la bonne nuit. D’autres tendent les bras à travers les barreaux des fenêtres de leur salle de classe pour nous faire coucou. Il y a encore plus précieux : l’effusion de joie lorsqu’on leur répond. La portée insoupçonnée d’un geste simple. Après un temps certain d’acclimatation, Yann commence à s’ouvrir et sortir de sa coquille. Il se montre plus empathique, attristé face à certaines réalités. Il insiste pour partager sa pizza avec le concierge. Ça ne fait de mal à personne de se rappeler qu’on a le cul bordé de nouilles. L’autonomie grandit aussi. Je ne peux m’empêcher de sourire quand je le vois sortir frénétiquement sa housse de pluie à la première goutte. Une brèche se serait-elle formée dans l’esprit d’un enfant casanier? Après une énième traversée, l’ouverture sur le monde se poursuit aux îles Camotes! 🏝

4 commentaires

  • Céline Jacob

    Coucou,

    Je prends toujours autant de plaisir à lire le récit de vos aventures 🤗😍
    J’en fais même la lecture à voix haute à Mathieu et il est bon public 😉
    Je me doute que le retour à la réalité sera un peu rude mais j’ai vraiment hâte de t’écouter raconter les Philippines 🤩
    Je sens déjà qu’on aura du mal à faire des choix, parce que jusqu’à présent, à vous lire, j’ai comme l’impression qu’il n’y a absolument rien à jeter 😉
    Gros bisous 😘

  • Céline Jacob

    Je suis toujours ravie de voir arriver lannonce d’un nouvel article Je prends toujours autant de plaisir à te lire 🤗😍
    Je fais même la lecture de vos aventures à Mathieu et il est plutôt bon public 😉
    Je sens déjà que les choix qu’on aura à faire risquent d’être cornéliens, car d’après ce que je peux lire, il n’y a pas grand chose que vous ne recommanderiez pas 🙈

  • Céline Jacob

    Oups, mon message est parti trop vite sans que je ne puisse le corriger 🙈🤭
    Je vous souhaite encore de belles découvertes, de belles rencontres et me réjouis déjà d’en entendre plus « de vive voix » sur ce fabuleux voyage 😍
    A bientôt 😘😘

  • Madeline

    L’amie et lectrice fidèle se délecte de la chute mais frémit surtout de plaisir à la lecture de la dédicace ! 💛 En attendant votre présence sur nos terrasses, que vos yeux émerveillés continuent de photographier toutes ces Beautés !

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