Philippines

Bohol, rêve éveillé

S’il existe un paradis sur Terre, ce pourrait être ici. Une entrée en matière alléchante, digne d’une destination qui se hisse rapidement sur l’échelle de nos coups de cœur. Sentiment de reconnaissance envers celles et ceux qui nous ont insufflé l’envie de l’inclure dans notre itinéraire. La ville morne de Cebu, notre première escale, ne mérite pas qu’on s’y attarde. Entrons directement dans le vif du sujet, à partir du moment où nous avons posé le pied sur Bohol.

Quelques foulées suffisent pour nous replonger dans l’atmosphère envoûtante de l’arrière-pays de Bali. En cause, cette végétation luxuriante. Une incroyable palette de verts, à perte de vue, sublimée par les touches de mauve, rose et orange des fleurs. Quelle joie de revivre cet émerveillement. Assez vite, nous comprenons qu’il faut se plier aux caprices de la météo. C’est sans doute le revers de la médaille d’une nature aussi belle. Nous vivons l’expérience immersive d’une tempête tropicale, qui se résume à une pluie persistante pendant 48 heures. Le premier jour, j’accepte mon sort avec une sérénité suspecte, m’essayant pour la première fois à l’art de la peinture à numéros. Le deuxième jour, j’ai des envies de meurtre. Une fois que nous pouvons enfin sortir de notre grotte, nous savourons la cordialité des gens, d’humeur souvent radieuse. Après la déception du Vietnam, nos cœurs se remplissent à nouveau, et le voyage reprend tout son sens. Pourtant, une certaine fatigue se fait sentir. Être en perpétuel mouvement n’est pas de tout repos. Le besoin de retrouver nos proches et nos habitudes commence timidement à toquer à la porte. Nous ne l’ignorons pas mais, à l’idée de la rudesse de l’hiver, j’ai toujours préféré celle du printemps.

L’incidence américaine est forte, ce qui donne lieu à des prénoms tels que « Bob » ou « Clifford ». Des églises, souvent charmantes, s’élèvent dans chaque bourgade. Des croix illuminées au sommet des montagnes, intimidantes, dominent le commun des mortels. Sur chaque tuk tuk, on déchiffre une dévotion sans bornes : I’m your god, let nothing terrify you ou encore Lord, you light my lamp… Délectable! On sent une propension à célébrer et à se rassembler. Notamment sur les places publiques ou les terrains de baskets, innombrables et très fréquentés. La visite du sanctuaire des tarsiers constitue un moment marquant des premiers jours. Ces minuscules petits singes, très sensibles et à tendance dépressive, gardent leurs immenses yeux ouverts, même en dormant. Ils sont aussi dotés de la capacité surprenante à faire pivoter leur tête, grâce à une incroyable souplesse du cou. Nous nous trouvons, en quelque sorte, à la croisée des Gremlins et de l’Exorciste. La visite est de courte durée et surtout silencieuse, afin de respecter leur bien-être fragile.

Dans le cadre splendide de la rivière Loboc, je découvre les joies du paddle. Mes compagnons se voient affublés d’un kayak transparent, dont l’intérêt est relatif, au vu de la couleur trouble de l’eau. Au moins, nous ne voyons pas les crocodiles (s’il y en a). Je décuple mes efforts pour tenir en équilibre, ma plus grande préoccupation étant de ne pas tomber. Yann, à peine toléré sur ma planche, met mes projets en péril, gigotant comme un asticot. Je lui dis : « De quoi as-tu peur? Même si tu tombes dans l’eau, tu ne vas pas mourir. Par contre, si tu fais tomber ta mère… » Suite à cette séance de sudation, nous nous dirigeons vers la région de Carmen, et ses emblématiques Chocolate Hills. Ces 1200 dômes, résultant d’une formation géologique exceptionnelle, sont recouverts d’herbe verte, qui brunit durant la saison sèche. Ainsi s’explique cette appellation étrange. Un paysage magnétique, presque de science-fiction.

Il n’est pas rare que nos journées s’achèvent dans le sable, extatiques face aux couchers de soleil. À Anda, nous nous mêlons au dimanche des autochtones. Mais la richesse de cette île ne se limite pas aux plages, bien au contraire. C’est même, à mon sens, à l’intérieur des terres que le régal est le plus grand. Ben et Mia, les plus intrépides, profitent pleinement d’une vue saisissante sur la vallée en osant la tyrolienne. En compagnie de Yann, je sirote valeureusement un café froid à la terrasse panoramique, en les regardant passer. Notre exploration s’achève de la plus belle des façons, par une baignade solitaire et orageuse, aux Ingkumhan Falls. Le vent en poupe, nous partons pour la petite île de Siquijor !

2 commentaires

  • M-A

    Magnifique!!! Ou comment me mettre des idées de futures destinations en tête!! 😅 Les photos sont incroyables, tout comme vos sourires! J’aurais juste bien aimé une photo de Margot sur le paddle avec Yann 😘. La senteur de la fin va vous permettre de profiter d’autant plus de ce petit paradis! Profitez les chéris, en attendant de vous serrer dans les bras! ❤️

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