Laos

Road trip : la boucle de Thakhek

Après une nuit réparatrice dans la petite ville frontalière de Thakhek au centre du Laos, nous allégeons nos bagages et sommes prêts à attaquer la « loop » (450 kilomètres) en scooter. C’est déjà, en quelque sorte, une parenthèse dans la parenthèse.

Etape 1 : Thakhek – Nakai

Au démarrage, fraîcheur et excitation sont au rendez-vous! Il suffit de quelques centaines de mètres pour réfréner nos ardeurs. En effet, gare au conducteur qui oserait relâcher son attention car certaines parties de route sont littéralement défoncées. Des camions énormes soulèvent des nuages de poussière, qui viennent nous fouetter le visage. Heureusement, les pauses sont fréquentes et nos efforts d’ores et déjà récompensés par la beauté des panoramas.

Comme nous sommes des parents organisés et d’excellents gestionnaires du temps, nous avons quitté Thakhek trop tard. Yann devait impérativement passer chez le coiffeur, Mia souhaitait une manucure, et nous avons cédé aux supplications pour faire de la tyrolienne. Dans la vie, c’est important de savoir prioriser. Nous nous faisons donc surprendre par la nuit, qui tombe tôt et comme un couperet. C’est ainsi que nous achevons notre premier jour de circuit dans l’obscurité, doigts crispés sur l’accélérateur. Nous sommes soulagés d’atteindre la guesthouse et pourtant, il flotte dans l’air un parfum enivrant d’adrénaline et d’aventure.

Etape 2 : Nakai – Cool Pool

Sur ce tronçon, les routes sont en bon état. Fendre la bise est aujourd’hui possible, malgré les rafales de vent et les troupeaux de vaches (ou les buffles). En quelques heures, on a l’impression de traverser plusieurs pays, tant les paysages sont variés. Au bord de la route, les groupes d’enfants s’animent sur notre passage. Ils s’écrient « HELLO! » en nous faisant de grands signes, hilares lorsque nous leur répondons par un coup de klaxon. Il faut savoir que nous n’avons pas croisé un seul autochtone avec un casque. Ils ont donc tout loisir de repérer les touristes de loin. La boucle est un contexte propice aux rencontres, aussi entre voyageurs. Emma nous accompagne sur cette étape. Les enfants l’idolâtrent. Il est vrai qu’elle nous régale de son rire communicatif, qui nous apporte du réconfort dans un hôtel un peu désolé au pied de la falaise, une sorte de camp de vacances inachevé. Pour ne rien arranger, une tempête menace de faire s’envoler le toit du bungalow pendant toute la nuit. Je ne dors que d’un œil, pendant que Yann scie des bûches à mes côtés.

Etape 3 : Cool Pool – Thong Lor

Nous quittons Emma à contrecœur (ça aussi, ça fait partie des lois du voyage). Elle nous dit qu’elle a eu l’impression d’être en famille, c’est réciproque. Sachant qu’elle est sur la route depuis plusieurs mois, c’est d’autant plus touchant.

Ce ne sont que nos premiers pas au Laos, et nous sommes émerveillés. Nous bifurquons sur une route étroite et traversons des villages pendant quarante kilomètres. Nous voilà immergés dans la campagne profonde, authentique! Bien inspirés cette fois, nous avons réservé deux nuits dans cet hôtel du bout du monde, en bord de rivière. Des pontons en bois en relient les différents espaces, au milieu de la végétation. Les cabanons qui tiennent lieu de chambres sont éparpillés dans cette jungle. Le site est tout de suite validé par les enfants, heureux d’orchestrer des parties de cache-cache.

De là, nous visitons les grottes de Thong Lor, 7 kilomètres de grottes navigables. Le batelier nous emmène dans les entrailles mystérieuses de la montagne. J’avoue qu’à mi-parcours, je commence à me sentir claustrophobe dans cet environnement hostile et humide. Je suis rassurée d’apercevoir enfin la lumière du jour, à la sortie. Cette journée s’achève par une délicieuse soirée belge au coin du feu. Quand on rencontre des compatriotes si loin de chez soi, qui reconnaissent d’emblée l’accent liégeois, on a le sentiment d’être à la maison. Et quand ces compatriotes sont (très) drôles, c’est du bonus. Ce quatuor de nanas donne rendez-vous aux enfants à 8 heures précises le lendemain matin, pour un milk-shake banane. Il y a des jours où ils n’ont aucune difficulté à s’extirper de leur lit.

Etape 4 : Retour au point de départ

Une seule halte s’impose sur cette dernière partie : Rock View Point. On endure 180 kilomètres, dont la majeure partie en ligne droite sur la nationale. En atteignant notre destination, nous sommes harassés. Mais pouvait-on rêver mieux comme première approche de ce pays magnifique?

Le déplacement en deux-roues nous offre cette précieuse proximité avec les paysages, et les habitants. Nous avons fait la rencontre d’un peuple paisible, humble et discret. Ils ne parlent pas ou peu anglais, ce qui nous frustre un peu dans nos échanges. Mais les sourires en disent suffisamment.

Il est temps de dire au revoir à l’atmosphère surannée de Thakhek. Nous nous dirigeons vers le Nord et la prometteuse Luang Prabang

6 commentaires

  • Tom & Family

    Je récit qui nous replonge en 2012 quand on visitait le Laos… quel beau pays ! Les scooters, les visages poussiéreux,… de beaux souvenirs 🤩 Profitez un max !!

  • Tossings Marie Luce

    Quel bonheur de retrouvé ce pays avec vous. Je me souviens des longs trajets en mini-bus et je trouvais déjà cela fatiguant, alors je me demande comment vous tenez 400 km en scooter avec les enfants derrière. Pas de doute, plus tard, ils aimeront les voyages. Merci papa et maman.

  • Madeline

    Comme vous l’aurez remarqué, je parcours vos pérégrinations en marche arrière, en lisant ce texte en 3e position alors que j’aurais évidemment dû commencer par celui-ci ! Mais bref, en fin de compte, tout est beau, passionnant, instructif, doux et réjouissant à la fois ! J’ai bon de vous lire et d’observer que chacun semble trouver ses marques et sa sérénité. Bisou, les choux, et Big Lov’ à la Plus Belle (battez-vous et choisissez !).

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