Angkor, merveille du monde (chapitre 2)
Ayant retrouvé la lenteur délicieuse de notre rythme en voyage, nous poursuivons sans empressement nos investigations cambodgiennes. Ben concrétise un projet mûrement réfléchi : un tatouage au bambou. C’est avant tout une rencontre avec l’artiste, et d’une longue discussion naît un motif sur mesure. Après la réalisation, le tatouage est béni chez un maître afin de lui conférer ses pouvoirs de protection. Une expérience singulière ! Au fil de nos conversations avec les locaux, nous percevons une population qui a eu son lot de souffrances. Le génocide survenu sous la dictature des khmers rouges se ressent encore. Certains sites en témoignent, comme les champs de la mort (Killing Fields), où des milliers de personnes ont été exécutées, avant d’être enterrées dans l’anonymat de fosses communes. Tout cela est un peu sombre, mais avoir conscience du passé sanglant de ce pays semble indispensable pour le comprendre. En parallèle des échanges avec les Cambodgiens, nous rencontrons bon nombre d’expatriés. Curieuse invétérée, un restaurateur français parvient à me clouer le bec lorsque je lui demande si la France ne lui manque pas. Voici, telle quelle, sa réponse : « Oulala! (Je me devais de le retranscrire). Que pourrait-il bien me manquer de la France? Les taxes? La météo? Les gens qui font la gueule? »




La troisième journée de visite des temples est dédiée à la grandeur, car nous débutons par Angkor Wat et son parc imposant. Entre l’afflux de touristes lambda, de mariés (oui oui) et d’instagrammeurs, il faut parfois slalomer. Je me pose quelques minutes à l’abri avec les enfants. Nous sommes admiratifs, mais pas charmés. Malgré les échafaudages et les travaux de réparation en cours, nous nous montrons plus sensibles à la beauté de l’emblématique Bayon et ses visages de pierre. D’autant plus qu’il se trouve en plein cœur de l’ancienne cité royale d’Angkor Thom et de son atmosphère envoûtante. Après un parcours global plutôt discipliné, nous partons en freestyle. Comme si la fin de la validité de notre pass d’accès aux temples avait déclenché une sauvagerie soudaine, nous sautons sur nos montures et nous dirigeons n’importe où, fiévreusement, empruntant des chemins oubliés. C’est ainsi que nous débouchons sur un temple aussi isolé que ravissant. Le dernier de la série, que nous baptiserons : la cerise sur le gâteau.




Siem Reap continue à nourrir notre soif de découvertes. La Theam’s Gallery est si charmante que les œuvres exposées sont presque desservies par le cadre. Par des mises en scène raffinées, nous avons l’impression de réaliser un voyage dans le temps. Je me pâme devant les couleurs des murs, qui me donnent envie de refaire tout mon intérieur. Je n’en parle pas à Ben, tâchons cette fois de le préserver des crises cardiaques. Avec Mia, nous mettons un point d’honneur à faire vivre l’artisanat local. Elle devient l’heureuse maman d’un élan réalisé au crochet. Bongo, de son petit nom, nous colle désormais aux basques. Il semble apprécier les randonnées à moto, comme celle qui nous amène au bord du lac de Tonlé Sap. Nous observons les pêcheurs emmener au marché leurs paniers odorants remplis de poissons. La visite du workshop des senteurs d’Angkor (savons, huiles essentielles, encens, bougies…) figure aussi parmi les incontournables.




Chaque enfant commence à trouver ses marques et à apporter sa pierre à l’édifice familial. Yann, unique détenteur d’une montre (sophistiquée), excelle dans le rôle d’horloge parlante. Il est aussi celui qui nous rappelle à l’ordre lorsqu’il commence à se faire tard et qu’il éprouve le besoin d’enfiler ses charentaises. Il se fera un plaisir de personnifier l’expression « rentrer dans ses pénates » lorsque nous serons de retour en Belgique. Ce pays si merveilleux qu’il évoque chaque jour avec tendresse. Mia, quant à elle, ne cesse de faire preuve d’inventivité pour s’adapter. Elle se crée un bureau de bricolage dans un placard pour s’isoler. Quand elle aspire à avoir la paix, elle s’écrie : « Je vais dans mon cagibi! ». Une chambre à soi, comme dirait Virginia. Notons également qu’un phénomène étrange se déroule sous nos yeux ébahis : ils commencent à (bien) s’entendre. Au bord de la piscine, je peux parfois lire jusqu’à vingt-cinq pages avant de devoir interrompre une tentative de fratricide par noyade. Prudente, je n’ose pas encore parler de miracle.




Il est temps de quitter le Cambodge, qui aura été le berceau réconfortant de nos fêtes de fin d’année au soleil. D’ailleurs, BONNE ANNÉE ! Place à 2026, sans s’encombrer de ces fadaises de bonnes résolutions. Et… Back to Laos! 🚌

Angkor, merveille du monde (chapitre 1)
Vous aimerez aussi
Bangkok, royale porte d’entrée
22 novembre 2025
D’Ubud à Jatiluwih, entre ville et campagne
7 septembre 2025
2 commentaires
Audrey Delfosse
Bonne année à vous aussi les chéris ❤️
Maëva Schweyen
Bonne année les amis ! Profitez de la chaleur de tous ces pays 😘